Il y a une dimension homérique dans cette aven- ture baptisée, à juste titre, «The Best Odyssey». Un côté surréaliste teinté d’anachronisme aussi. A l’heure du «tout, tout de suite», larguer les amarres pour un voyage de près de 5 ans ressemblerait presque à une douce utopie. Pourtant, il n’en est rien. L’équipage du «Discovery», un catamaran de près de 18 mètres, a bel et bien arpenté les eaux turquoise de la planète de janvier 2007
à octobre 2011. Des îles Marshall à la Micronésie, du Royaume des Tonga aux îles Andaman, de la Polynésie aux côtes du Mozambique... Des décors de rêve, reculés et souvent encore vierges, aux plages féeriques léchées par des flots cristallins, bordées de récifs colorés et d’immenses dunes sur lesquelles se dessinent de splendides vagues de sable. Ces petits paradis sur terre, dont le choix ne doit rien au hasard, ont été mis au service d’un scénario bien ficelé: offrir un cadre sur mesure aux sportifs de haut niveau qui se sont succédé sur le pont du «Discovery», adeptes de kitesurf, de surf, de parapente, de plongée sous-marine ou encore de voile.
HEUREUX QUI, COMME ULYSSE...
N’allez pourtant pas y voir une production hollywoodienne, qui pié- tine tout sur son passage. Les participants à la «Best Odyssey» se sont fait un point d’honneur de respecter ces environnements d’exception et les communautés visitées. «Dans le Royaume des Tonga, nous avons trouvé une petite île où il n’y avait que des enfants. Les adultes étaient partis plusieurs semaines en mer pour pêcher. Nous sommes restés avec eux, à leur montrer des photos et des vidéos des lieux où nous étions passés», se rappelle Mike Belbas, parapentiste de Verbier (voir encadré). Les émotions sont véridiques, le plaisir perceptible. Il se lit sur les images et les vidéos, qui s’inscrivent comme autant
de témoignages d’une expédition à la fois humaine et sportive. Ce ne sont certes pas des «Ulysse» sortis d’une épopée grecque antique qui évoluent sous nos yeux, mais des sportifs qui séduisent l’objectif parce qu’ils ne jouent précisément pas, mais vivent pleinement leur incroyable odyssée... Des champions de leurs diverses disciplines, oui. Mais des passionnés avant tout, totalement investis dans le moment et la rencontre.
DEUX FRÈRES DE VERBIER À BORD
Les jumeaux Stu et Mike Belbas, qui ont créé leur propre école de parapente à Verbier, ont eu le privilège de rejoindre à plusieurs reprises «The Best Odys- sey». Mike revient sur cette incroyable expérience...
Comment se retrouve-t-on à bord du «Discovery»?
Il se trouve qu’il y a quelques années, j’étais skipper dans les Caraïbes. C’est là que j’ai fait connaissance avec la copine de l’organisateur, qui était l’une de mes clientes. Elle m’a donc averti lorsque cette aventure s’est concrétisée.
Quand y êtes-vous allés?
Assez souvent! Hormis la première année dans les Caraïbes, nous avons rejoint l’équipage deux fois cinq à six semaines par an. Au printemps et en automne, quand on ne travaillait pas à Verbier.
Avec votre frère, vous avez été les premiers à survoler en parapente le Royaume des Tonga, les îles Anda- man, les atolls sud des Maldives ou encore le Mozambique. Sans oublier un séjour à Madagascar. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué?
Je dirais les Maldives. C’était vraiment magique. Nos plus belles vagues rencontrées en chemin pour le surf et le kitesurf. En plus, nous avons vu quotidiennement de nombreux animaux marins, comme des raies mantas et des dauphins.
Un autre souvenir inoubliable...
Quand nous avons suivi pendant trois heures des baleines au large des Açores. Nous avons ensuite pu nager avec elles. Un grand moment!
Mike (veste verte) et Stu Belbas, instructeurs de parapente à Verbier, ont rejoint à plusieurs reprises «The Best Odyssey».
















