Les frères Falquet, alias «Huck and Chuck», ont organisé
du 8 au 10 mars dernier un stage de freeride destiné aux jeunes
qui souhaitent découvrir les réalités d’un tournage de film outdoor.
Le but de l’exercice était d’en montrer les différents aspects: sécurité,
prises de vues et performance sportive. Un épisode web diffusé sur
Huck and Chuck TV a par ailleurs été réalisé à l’issue de ces trois jours
en montagne très instructifs.
Une trentaine de skieurs et de snowboardeurs âgés de 12 à 22 ans s’est
donc retrouvée aux Marécottes (VS) pour profiter de cette opportunité
unique. «Nous avons dû refuser quelques personnes qui avaient dépassé
l’âge limite, mais autrement, nous avons pris tous les candidats qui se
sont inscrits en présentant un mini-dossier», explique Loris Falquet
avant d’attaquer la première journée. L’expérience est unique. Quatre
guides de montagne, ainsi que deux photographes et deux caméramans,
font partie de l’équipe qui encadre les quatre groupes formés en début de
matinée.
Rapide mise au parfum
Les riders en herbe sont rapidement mis dans le bain. Après un petit
briefing, chaque groupe rejoint un atelier images ou sécurité. Au sommet
des pistes, Loris emmène une partie des participants pour une fastidieuse
montée de 45 minutes afin de gagner le sommet d’un petit couloir. Les
skis fixés sur les sacs, ils avancent péniblement en file indienne dans la
poudreuse. Sébastien Giroux, 17 ans, domicilié à Salvan (VS): «Ça vaut le
coup de faire une telle montée quand on sait ce qui nous attend à la descente,
dit-il bien essoufflé. Nous connaissons bien les frères Falquet dans
la région, et on a du plaisir à partager un camp comme celui-ci avec eux.»
«Les kids n’imaginent pas forcément ce qu’est notre quotidien», souligne
de son côté Loris Falquet, en traçant des marches dans la neige pour
accéder à une zone vierge. «Ceux qui regardent nos films croient que nous
passons nos journées à dévaler des longues lignes dans la poudre, alors
que la réalité est complètement différente. En 12 ans d’activité, je n’ai
jamais pu filmer un long run. Un film de 5 minutes nécessite presque une
saison de prises de vues.»
Même pas peur!
Une équipe de jeunes de Finhaut se poste au sommet, écoutant attentivement
les instructions de Steven, le guide, et de Loris, placé plus bas avec
sa caméra. Estelle Lugon, 15 ans, s’élance sur un passage abrupt. Saut,
appui à droite pour faire voler la neige, et réception au milieu du couloir.
La jeune rideuse impressionne par son assurance. «OK, tu peux remonter
pour une nouvelle prise», lui indique Loris. Le soleil commence à taper,
et il faut passer dans le couloir suivant pour retrouver une neige pas trop
transformée. Malgré la fatigue, personne ne se plaint et le groupe n’hésite
pas à remonter pour enchaîner les runs.
Durant la pause de midi, les participants se retrouvent pour échanger
leurs expériences. Mais certains sont restés au pied du couloir pour suivre
une formation de sauvetage en avalanche. Stéphane Hottinger observe
son team qui creuse la neige, à la recherche d’un DVA (détecteur de victime
d’avalanche) caché. Bip, bip, bip… Les recherches vont bon train, et
l’exercice semble ludique. «Les nouveaux appareils permettent vraiment
de retrouver rapidement les victimes, même quand il y en a plusieurs. Les
gamins sont de la génération iPhone, et ils s’adaptent très vite à ce matériel
», précise le guide, avant d’ajouter: «Ce genre d’exercices leur permet
de prendre conscience de beaucoup de choses. Je suis convaincu que tous
les skieurs hors-piste devraient faire un stage de ce type. Nous le faisons
en tant que pro, alors, pour des amateurs, cela semble aussi nécessaire.»
Une expérience à reconduire
Le déjeuner pris, chaque équipe repart sur le terrain. Un groupe taille une
coupe dans la neige pour analyser le profil, pendant qu’un autre cherche
une jolie ligne dans un petit massif rocheux, juste en dessus des pistes.
Martin, 12 ans, le plus jeune du stage, suit avec une impressionnante
motivation. Il refuse de se faire aider pour porter ses skis, et s’engage
sans broncher dans le couloir. «Laisse-toi glisser là, fait ton virage ici,
enchaîne avec un appui en dessous…» Les instructions sont suivies avec
attention, et la descente se déroule bien, sous les cliquetis de l’appareil
photo de Myriam.
La soirée est passée à visionner les images, et à discuter des différentes
prises de vues. Au terme des trois jours, Nicolas Falquet se félicite de cette
première, et promet que le camp sera reconduit. «Il y a de la demande.
Nous allons analyser ce stage pour améliorer le suivant.» La prochaine
édition risque de tenter encore plus de monde. Restez en ligne pour ne pas
rater l’annonce d’un Freeride Camp numéro 2!


















