30° Degrés Magazine - Glaciers de Suisse

Glaciers de Suisse
Sublimes et sublimés

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: David Carlier | Parution: juin 2018

Ils sont beaux, impressionnants, emblématiques. Ils sont aussi essentiels. Face à leur fonte désormais inéluctable, les glaciers suisses obligent à repenser notre usage de l’eau.

Il y a environ 24'000 ans, l’essentiel de la Suisse était nappé de glace. De gigantesques calottes couvraient alors le pays, se ramifiant en innombrables langues de séracs. Malgré quelques allers et retours, le climat s’est, depuis, globalement réchauffé. Les dômes ont fondu, libérant des vallées glaciaires où l’homme s’est implanté.
Reste, au-dessus de nos têtes, un gros millier de glaciers. Dans leur lien indissociable à la montagne, ils sont l’âme du pays, les gardiens d’un temple immémorial que la pensée aimerait figer à jamais dans un instantané idéal. Mais la nature – aidée en cela par l’homme et ses activités génératrices de CO2 – en a décidé autrement.

Glaciers peau de chagrin
Le réseau suisse de relevés glaciologiques GLAMOS est l’un des tout-premiers des Alpes : il remonte à 1880. Ses bilans annuels permettent de mesurer très précisément l’évolution. Et ses conclusions ne sont guère positives : depuis la fin du « petit âge glaciaire », vers 1850, les glaciers suisses ont vu leur superficie réduite de moitié, pour passer sous la barre des 900 km2. Un autre chiffre corrobore la mesure : les glaces représentent aujourd’hui un volume d’environ 53 km3, contre 104 km3 en 1920. Et le phénomène s’accentue : chaque année, depuis une décennie, 1 km3 de glace part en fumée – ou, plutôt, en vapeur d’eau. En 2017, c’était encore pire : fruit d’un été chaud, 1,5 km3 s’est envolé, soit l’équivalent de 2 m d’épaisseur de glace ! C’est presque aussi grave qu’en 1947 et 2003, années de forte canicule.
Le déclin des glaciers s’est fait en dents de scie : crue certaines années, décrue d’autres années, en fonction des températures et de l’importance des chutes de neige. Mais depuis le milieu des années 1980, le tendance est uniforme : ils reculent. Seuls les plus raides et ceux qui prennent naissance au-dessus de 4'000 m, comme la Panossière et le Grenzgletscher, résistent encore. En-dessous, c’est la bérézina. « Les glaciers situés sous les 3'500 m sont condamnés à disparaitre bientôt » affirme Martin Funk, professeur de glaciologie à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. « Tous ceux du Parc National Suisse se sont ainsi déjà évanouis » précise son collègue Matthias Huss.(...)

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