30° Degrés Magazine - Au Pays des morses

Au Pays des morses

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Franco Banfi

À moins de 1000 km du Pôle Nord, la très isolée côte nord de l’archipel norvégien du Spitzberg dresse ses palissades de montagnes inviolées sur fond de fjords et de glaciers colossaux. C’est dans ce cadre aussi grandiose qu’austère qu’a élu domicile un drôle d’animal : le morse. Malgré sa mauvaise réputation, le photographe Franco Banfi est parti à sa rencontre, sur terre comme sous l’eau.

Lorsque l’avion atterrit à Longyearbyen, un frisson parcourt l’échine : le bout du monde est désormais tout proche. Seconde terre habitée la plus septentrionale au monde – après l’île canadienne d’Ellesmere –, l’archipel norvégien du Spitzberg (Svalbard) navigue dans les eaux glacées de l’Arctique, entre 74° et 81° de latitude nord.

Dès la sortie de l’appareil, la fraîcheur ambiante confirme le positionnement sur la carte. Mi-juin, le mercure culmine à 6° C sous un ciel plombé. Coincée dans sa cuvette, la bourgade (2100 hab.) tente de dissiper la morosité en éparpillant au grand air ses bâtisses colorées. Passé minuit, alors que le jour refuse obstinément de se coucher, le soleil se lève subitement, déchirant le rideau obscur des nuages. Le monde à l’envers ?

Cap au nord
18 juin. La fraîcheur s’est encore accentuée lorsque le voilier largue les amarres. À l’horizon : une journée de navigation sur l’immense Isfjord, encadré de sommets aux pointes striées de blanc, pour retrouver la pleine mer. Passé la ville minière russe de Barentsburg, la houle forcit. Puis voilà que se dessine le chenal de Forlandsundet, offrant un passage protégé à l’abri de la grande île Prins Karl – une bénédiction.
19 juin. Les rayons matinaux s’évaporent dans les brumes de l’après-midi. C’est à ce moment-là que le premier morse se montre. Bientôt, ils forment un petit groupe, curieux au point d’approcher sans peur le pneumatique lancé sur les eaux à leur rencontre. Il y a quelques années, on ne les observait qu’à l’extrémité nord-est de l’archipel.
20 juin. Le brouillard s’est épaissi et c’est aux instruments que la station météo de Ny-Ålesund et sa poste (la plus nordique au monde !) sont rejointes. Les silhouettes de quelques rennes timides se dessinent néanmoins et, à distance, un renard polaire alpiniste émerge du néant, partant à la conquête des falaises en quête d’œufs de mergules et de guillemots. Ravitaillement en eau achevé, le cap est mis plein nord. En ligne de mire : la côte septentrionale de l’archipel et, loin de tout, l’« île basse » de Lågøya. La patrie des morses.(...)

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